Biographie d'Argaï Cervêth
.: Suite :.
La veille de ses 18 ans, le soir du 3 novembre, Argaï rentrant chez lui, trouva son père seul assis à la table à manger. Son visage était défiguré par la tristesse, mais une flamme de haine brillait dans ses yeux. Argaï s'assit en face de lui, attendant qu'il lui parle. Halbarad releva la tête et regarda son fils, il observa ses longs cheveux châtain foncé, son visage reflétant sa jeunesse et sa joie de vivre, malgré la tristesse qui se lisait au fond de ses yeux, cette peine qui était venue s'installée ce fameux mois de décembre où Morwë les avait quitté et qui avait grandit deux mois après, lorsque Huor avait suivi ses parents. Il finit par ouvrir la bouche et raconta à son fils des choses qu'il lui cachait depuis plus d'un an. Il recevait régulièrement des menaces, car lui un serviteur de Yahla, un Juste, avait épousé une femme hybride dont la foi ne se portait pas vers Yahla, mais vers Kima. Il n'avait jamais prit ces menaces au sérieux, pensant que de jeunes gens s'amusaient. Il avait gardé ça pour lui jusqu'à ce qu'il se fasse agresser un soir par deux personnes masquées, il avaient réussi à les assommer, et en rentrant il avait tout raconté à Gwaeron. Sa femme avait pris peur, mais ne voyant pas ce qu'ils pouvaient faire, ils avaient décidé d'attendre. Ils n'en parlèrent pas à Argaï ne voulant pas l'inquiéter. Mais Halbarad avait failli se faire tuer il y a une semaine. Il montra à son fils la grande blessure qui traversé son torse. Gwaeron s'était énervée, elle avait demandé à son mari de quitter le village, qu'il allait finir par se faire tuer, elle était allée prier au temple. Mais au bout d'une semaine, voyant qu'Halbarad ne réagissait pas, elle avait pris peur, et avait décidé de partir. Les plus fervents serviteurs de Kima avaient créés une guilde, la Guilde Sereine, ils partaient s'installer ailleurs, là où le mal ne serait qu'un mauvais souvenir, Gwaeron était parti avec eux. Elle venait tout juste de quitter leur maison, quelques heures avant le retour d'Argaï.
Argaï resta assis sur sa chaise, anéanti. Il ne comprenait pas les menaces, et comprenait encore moins le départ de sa mère, au moment où son mari avait le plus besoin d'elle, elle partait...se réfugiant auprès de gens qui vivaient dans un monde utopique, se voilant la face sur la réalité de leur vie, ne voulant pas voir le mal qui était pourtant bien là !
Argaï en voulu à sa mère de s'être montré aussi lâche et d'avoir fuit, les abandonnant.
Le lendemain, son père rentra le visage haineux, son pantalon en lambeaux, de multiples griffures barrés ses jambes. Argaï l'allongea et soigna ses blessures, pendant qu'il lui racontait ce qui s'était passé. Les deux mêmes hommes avaient lâché un énorme chien sur lui, le colosse lui avait labouré les jambes avant qu'il ne le tue de son épée. Les deux hommes s'étaient enfuis en courant, mais Halbarad avait eu le temps de les reconnaître, ils n'avaient pas mis de masques. Argaï resta figé en entendant leurs noms. Ce ne pouvait être vrai, pourquoi eux ? Pourquoi en voudraient-ils autant à son père ? Annûn et Amrûn étaient pourtant de bonnes connaissances ! Une douce colère l'envahit, ses yeux brillèrent, mais il ne dit rien. Son père décida d'aller voir Fâeg le lendemain, il parlerait aux jeunes gens et les convaincrait d'arrêter.
Argaï accompagna son père, Fâeg l'écouta et promis d'en parler à Herven, le père des jumeaux, ils auraient une discussion tout les quatre. Halbarad le remercia et quitta le temple, suivi de son fils.
Deux jours après, alors qu'Argaï se rendait au temple, il vit Fâeg discuter avec Herven et Bess, les parents des jumeaux, Bess lui jeta un regard et tout les trois se séparèrent. Argaï trouva cela étrange, mais il pensa que Fâeg leur avait parlait de leurs fils.
Erkan
La semaine suivante un ami d'Halbarad vint trouver Argaï, alors qu'il était à l'animalerie en compagnie d’Eldaria, il s’approcha d’Argaï et posa sa main sur son épaule. Argaï le regarda, intrigué. Erkan, l’ami de son père l’emmena hors de la boutique, laissant Eldaria seule devant les cages remplies d’oiseaux.
Erkan mena Argaï vers la Rue Serpent, sans un mot. Argaï avait arrêté de le questionner, craignant le pire. Ils entrèrent dans la demeure des Cervêth, Erkan s’effaça pour laisser Argaï entrer dans la chambre de son père.
Les grands rideaux, rouge sombre, étaient à demi tirés, filtrant les rayons du soleil. Le lit de son père était au centre de la pièce, à côté se tenaient Amédée et Gabi. Avec Erkan, c’était les deux plus proches amis d’Halbarad. Sur le lit, étendu et stoïque, gardant toute sa grandeur et sa force, Halbarad, le père d’Argaï, reposait. Son visage était blanc mais serein. Un rai de lumière éclairait ses yeux clos. Sa large poitrine ne bougeait pas.
Argaï s’avança dans la chambre, il s’arrêta devant le lit, ses yeux se posèrent sur le visage sans vie de son père.
Sa mâchoire et ses poings étaient serrés, ses yeux devinrent plus sombres qu’ils ne l’avaient jamais étaient, aucun mot ni aucune larme ne sortirent.
Erkan, Gabi et Amédée posèrent leurs mains sur Argaï et quittèrent la chambre après une brève étreinte, le laissant seul.
Argaï resta ainsi prostré jusqu’à la tombée de la nuit. Après plusieurs heures, alors que le soleil disparaissait à l’horizon, Argaï ferma les yeux et détendit enfin sa mâchoire. Il s’approcha du corps inerte d’Halbarad et saisi une de ses mains qu’il serra avec force. Sur le cou de son père, les marques de la strangulation étaient encore visibles.
Après un dernier regard vers son père il sortit calmement de la chambre et quitta sa demeure, attrapant une corde dans l’atelier de son père. Le visage de Yahla lui était apparu.
Il parcouru les ruelles du village, d’un pas déterminé. Il semblait calme, mais quiconque aurait croisé son regard se serait sans doute enfuit. Ils étaient deux puits sombres et profonds où se reflétait un mélange de haine, de colère, de peine, de rage… Ses iris rouges flamboyaient d’une souffrance, d’une douleur qui engendraient une tristesse désespérée que rien ne pouvait apaiser.
Il arriva devant le temple de Yahla, il savait qu’il y trouverait Annûn et Amrûn. Il entra et traversa la grande salle, les jumeaux ne s’y trouvaient pas. Il allait faire demi-tour, pour se rendre à leur demeure, quand un éclat de rire attira son attention. Cela venait des appartements du prêtre Faêg. Il s’en approcha doucement, la porte était entrebâillée.
Ce qu’il vit et entendit acheva sa métamorphose.
Faêg, en compagnie d’Herven, Bess et leurs deux fils étaient attablés autour d’un festin, mangeant, buvant, riant. Les trois adultes lui faisaient face, Annûn et Amrûn lui tournaient le dos.
Faêg leva son verre et pris la parole.
"A la mort d’Halbarad le traître et à la belle exécution réalisée par les jumeaux."Les mains d’Argaï serrèrent la corde avec force, son visage était défiguré par la haine. Il bondit à l’intérieur de la pièce, avant même que quelqu’un ne réagisse, la corde se serrait autour du cou d’Amrûn. Ses yeux se révulsèrent et tandis que le prêtre se levait d’un bond en criant le nom d’Argaï, le corps d’Amrûn tomba sur le sol.
Annûn se leva, mais les grands bras d’Argaï passèrent autour de son cou et tirèrent violemment sur la corde. Annûn suffoqua, les yeux exorbités.
Quelques secondes après, il gisait aux côtés de son frère.
Bess s’était reculée au fond de la salle, son mari se tenait à côté de Faêg, épée brandie. Argaï lâcha la corde et tira sa lame.
Faêg tenant de calmer Argaï, mais ce dernier n’entendait rien ; le visage fermé, ses yeux noirs de colère fixait Herven. Celui-ci s’avança et ils croisèrent le fer. Herven, malgré sa longue pratique du combat, reculait devant la force du jeune Argaï, décuplée par la rage.
Argaï désarma Herven et posa la pointe de son épée sur sa gorge. Herven le supplia, mais en vain ! Argaï le fixa quelques secondes et d’un geste rapide et précis le décapita.
Il se retourna à temps pour voir Bess, rageuse, se jeter sur lui, brandissant un vase. Il avança son bras et la femme s’y empala. Elle lâcha le vase, tandis que ses yeux s’arrondissaient sous la surprise. Elle eu le temps de porter ses mains à son ventre avant de succomber.
De son pied, Argaï dégagea sa lame du corps de Bess.
Le prêtre Faêg se terrait au fond de la pièce. La peur, qui se lisait au fond de ses yeux, l’empêchait de prononcer correctement les mots, rendant impossible la formulation d’un sort.
L’épée pendant le long de sa jambe, Argaï s’approcha du prêtre. La haine avait quitté son visage, celui-ci était devenu inexpressif et glacial. Mais une flamme de colère continuait de briller au fond de ses yeux sombres.
"Ar…Argaï…éc…éc…écoutes moi…"La lame sur sa gorge l’empêcha d’en dire plus. Argaï se recula, l’arme toujours pointée sur Faêg. La vue du prêtre, qui avait été un ami, un confident le rendait malade, il ne comprenait pas.
Faêg, voyant qu’Argaï ne bougeait plus, projeta sa main vers une lance accrochée au mur.
Argaï réagit aussitôt et para l’arme de Faêg. Malgré la rage d’Argaï, l’envie de vivre qu’éprouvait le prêtre lui permit de faire reculer Argaï d’un pas. La pointe de la lance fendit l’air et blessa le côté droit du visage d’Argaï.
Celui-ci poussa un cri et se jeta sur Faêg qu’il perça de part en part.
Il venait de tuer un prêtre, mais il ne mesura pas immédiatement la portée de son acte, l’œil droit en sang, Argaï sortit de la salle.
Une dizaine de fidèles, alertés par le bruit, venaient à sa rencontre. Le voyant armée et sanglant, ils tentèrent de l’arrêter.
On entendit des cris et des bruits de chutes et Argaï sortit du temple, laissant quinze cadavres derrière lui.
Il venait de perpétrer des meurtres dans un lieu saint, il marcha d’un pas rapide vers la sortie du village, s’éloignant de ce qu’on allait appeler le Massacre du Temple de Yahla.
Derrière lui, le village s’éveillait, des cris fusaient, des bruits de pas retentissaient. Une main sur son œil, Argaï se mit à courir. Il traversa toute la ville. Arrivé aux portes, deux guerriers lui barrèrent la route. N’étant plus à un meurtre près, Argaï leur régla leur compte avant de fuir son village natal, une troupe d’habitants à ses trousses.
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Affectation : "Expérimentations sur joueurs involontaires"