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| Eldoth : En route vers le Marché Flottant | |
| | | Auteur | Message |
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Don (GM) Comptable du Roi

Inscrit le : 31 Mai 2005 Messages : 3820
| Sujet: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Dim 5 Juin à 13:29 | |
| Voila c'est à toi de jouer. Impressionnes moi et montres moi le talent ont tu disposes. Pour se rendre au Marché Flottant, disons... deux trois jours, mais tu peut tres bien te faire attaquer.. ou autre... c'est toi qui decide, c'est ton Exploration. Lis les autres Explo pour voir comment faire si tu veux. Si tu as besoin de Jet envoie moi un Message Privé 
Voila, bonne Exploration à toi 
Le Capitaine Boris ordonne à tout le monde de monter à bord et leve les voiles en commencant à descendre le fleuve, direction le Marché Flottant.. _________________ Donnez moi votre Argent, les coffres sont vides !
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|  | | Eldoth Décontracté

Inscrit le : 15 Mai 2005 Messages : 42 Localisation : En exploration sur le fleuve
| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 6 Juin à 2:16 | |
| 1er jour de voyage
Toutes voiles baissées, l’Orgonte, dirigée avec autorité par le capitaine Boris, sortit rapidement du port de Falryn. Eldoth, peu habitué à faire partie d’un équipage, ne savait pas quelle tâche effectuer, contrairement à tous les autres matelots qui, eux, savaient exactement quelles étaient les priorités du géant roux qui leur tenait lieu de capitaine. Ce dernier ne tarda pas à remarquer l’attitude passive du vagabond :
« GAMIN !!! Tu vas rester à bailler aux corneilles comme ça longtemps ou tu vas enfin te foutre au boulot ?! Monte tout de suite au mât pour vérifier le foc ! »
A cet instant, Eldoth ressentit une émotion double : d’un côté il était gêné de s’être si vite fait remarqué par le capitaine, et par conséquent par les autres membres de l’équipage (même si ceux-ci n’avaient pas l’air de s’en soucier le moins du monde), d’autre part il était satisfait d’avoir une tâche à accomplir, ce qui lui permettait de ne pas rester inactif. Mettant à profit sa puissance physique et ses bras musclés d’homme de la nature, il monta donc au plus petit des deux mâts de l’Orgonte par l’échelle de cordage, et tendit un peu plus le foc afin d’avoir une meilleure prise au vent. Les conditions météorologiques paraissaient idéales, et il était peu probable que l’équipage soit surpris par le mauvais temps avant la fin de leur voyage vers le marché flottant ; c’était déjà ça de pris. Perché sur son mât, Eldoth profita de sa position surélevée pour regarder autours de lui. Il put ainsi observer les autres matelots : l’équipage, bien que majoritairement composé d’humains, comportait une part non négligeable de marins d’autres races, et ceci ne paraissait pas être un frein à la bonne entente à bord. Eldoth aperçut donc plusieurs hobbits, qui faisaient des allers-retours entre le pont et la cale (pour une raison inconnue du vagabond), des Elfes, dont l’agilité était un atout pour monter aux mâts et glisser le long des cordages, des hommes-serpents, etc… Avant de redescendre sur le pont, Eldoth remarqua qu’il lui était possible d’améliorer encore leur vitesse ; il tira donc sur quelques poulies et tendit un peu plus la deuxième voile. Il fit ces gestes machinalement, sans réfléchir, comme il avait l’habitude de le faire à l’époque où il possédait son propre voilier. Même si le vagabond ne s’en rendit pas compte, Boris avait remarqué ces quelques manœuvres, et il nota qu’Eldoth était un bon marin, un de ceux qui ressentent ce que leur dit le navire, et font corps avec lui. Le jeune homme se laissa glisser le long du mât, et rejoignit quelques autres matelots sur le pont. Il avait quelque peu surmonté ses premières inquiétudes, et semblait désormais chez lui sur les flots placides de fleuve.
(Suite plus tard...) _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
|  | | Eldoth Décontracté

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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 6 Juin à 15:13 | |
| Quelques heures passèrent, et l’Orgonte allait bon train sur le fleuve. Passés les premiers moments à bord, les tâches à accomplir étaient plutôt rares, et les marins avaient un peu de temps libre pour discuter. Ainsi, Eldoth put faire la connaissance des autres membres de l’équipage. Mis à part Boris, qui était le grand maître à bord, et Julius, son second, il n’y avait pas de hiérarchie entre les marins, ce qui mettait tout le monde au même niveau. Les matelots qui naviguaient depuis longtemps sur l’Orgonte firent bon accueil aux nouveaux, dont faisait partie Eldoth. Alors qu’ils discutaient tranquillement, assis sur le pont, ils entendirent la voix de la vigie. Celle-ci, perchée sur le plus haut mât du navire, hurlait à qui voulait bien l’entendre :
« Navire marchand immobilisé à tribord ! »
Sans qu’Eldoth sache pourquoi, les autres marins paraissaient surpris. Il ne tarda pas à en découvrir la raison lorsqu’un jeune matelot elfe lui dit :
« Il n’est pas normal qu’un navire ait jeté l’ancre ici : il n’y a pas de port, et la nuit est loin de tomber. Les navires marchands ne peuvent pas se permettre de faire des pauses quand ils ont de la marchandise à bord. »
La vigie se remit à beugler :
« Signal de détresse ! Navire marchand en détresse à tribord »
En effet, Eldoth regarda vers sa droite, et aperçut des hommes à bord du navire qui s’était immobilisé au beau milieu du fleuve. Ils faisaient des grands gestes à leur attention, et ils paraissaient affolés. Le capitaine Boris, bien conscient que le fleuve était capable réserver de mauvaises surprises, même au meilleur des marins, décida d’arrêter son bateau juste à côté du navire en détresse afin de secourir son équipage. L’Orgonte, menée d’une main experte par Boris, s’approcha en douceur du bâtiment. Eldoth distingua son nom sur la coque : le Soleil Couchant, un bateau homme serpent. Une fois que l’équipage fut à portée de voix, Boris leur lança d’une voix puissante :
« Que se passe-t-il ? Un problème matériel ? » « Notre capitaine est atteint d’une maladie, répondit un des hommes-serpents, ainsi que notre herboriste. »
L’équipage du Soleil Couchant était donc sans capitaine, et sans personne pour le soigner. Boris prit une mine désolée.
« Nous n’avons ni médecin, ni herboriste à bord, camarades. Je suis sincèrement désolé, mais je ne peux rien pour vous. »
Eldoth se précipita vers lui, et lui parla à voix basse :
« Capitaine, je connais le pouvoir des plantes, et je peux peut-être soigner ces hommes »
Boris lui jeta un regard suspicieux et méfiant, et répliqua :
« De toute manière, nous n’avons pas de plantes médicinales ici. »
Et c’était vrai, il n’y avait aucune réserve de ce type à bord. Toutefois, peut-être y en avait-il sur l’autre navire. D’un bond leste et précis, Eldoth atterrit sur le pont du Soleil Couchant.
« Puis-je voir les plantes médicinales de votre herboriste ? »
Un marin l’emmena à la cale lui montra le contenu de l’armoire du malade. Il y avait là toutes sortes de plantes, notamment des passiflores, qu’Eldoth avait l’habitude d’utiliser contre les blessures et les maladies. Il ordonna qu’on lui prépare un feu, et il alla voir les deux malades. Ceux-ci avaient mauvaise mine. Seul l’herboriste avait l’air conscient. Entre deux délires, il lui confia que seuls lui et le capitaine avaient consommé du poisson ce jour-là. Un matelot lui confirma l’information :
« En effet, nous avons pêché un beau brochet, avec mes camarades, et nous en avons fait cadeau au capitaine. Il l’a dégusté avec l’herboriste. »
Sans un mot, Eldoth sortit sa petite casserole de son sac, et y jeta un peu d’eau et quelques plantes. Ils avaient sans doute contracté un mal à cause de ce poisson, et il serait peut-être possible de les guérir. Eldoth fit chauffer sa mixture pendant plusieurs minutes, et la fit boire à l’herboriste.
(à toi de jouer GM ! Ma potion va-t-elle guérir le malheureux ?) _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 6 Juin à 15:18 | |
| Eldoth : 01 ( Premier Jet, 1 Reussite Critique, bien )
(( Je te laisse interpreter le resultat sachant que c'est une reussite critique, le mieux du mieux )) _________________ Donnez moi votre Argent, les coffres sont vides !
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 6 Juin à 15:49 | |
| (Waou ça commence bien !)
A peine avait-il fini d’avaler (péniblement) quelques gorgées du breuvage que l’herboriste sentit tout son corps se laisser pénétrer par les bienfaits du remède concocté par Eldoth, et il se redressa sur sa civière, tout à fait valide. Le jeune vagabond n’en attendait pas tant. Satisfait par un résultat si spectaculaire, il s’empressa d’en faire boire au capitaine qui, bien que plus mal en point que l’herboriste, ne tarda pas lui aussi à se lever, comme s’il venait de passer une excellente nuit de repos. Dans l’infirmerie, les quelques matelots qui étaient présents (certains venaient du Soleil Couchant et d’autres de l’Orgonte) ne purent retenir un soupir d’étonnement. Fier de lui, Eldoth bomba son torse puissant afin de mieux profiter de cet instant de gloire. Le capitaine homme-serpent s’approcha de lui.
« Quel est ton nom, toi qui sais mieux que quiconque comment enrayer les maladies ? » « Eldoth, capitaine ». « Et bien, Eldoth, je te remercie d’avoir extrait de mon corps le mal qui le rongeait. Je n’ai rien à t’offrir en échange, mais permet-moi de te dire que je te serai éternellement reconnaissant. Si tu as un jour besoin de quoi que ce soit, tu pourras me trouver entre le marché de Falryn et le marché flottant. Le capitaine Rastrok sera toujours prêt à te rendre service.»
Eldoth ne répondit pas, il était très ému de toute la gratitude dont faisait preuve le capitaine. L’herboriste s’avança vers lui.
« Quant à moi, j’ai quelque chose à t’offrir en signe de reconnaissance : prend cette passiflore ; elle est toujours utile en cas de blessure, et je sais que tu en feras bon usage. »
Eldoth accepta ce présent avec joie, et, avant de regagner l’Orgonte, il mit le reste de potion dans une fiole vide qu’il avait dans son sac.
Lorsqu’il retourna sur le pont de son navire, Boris vint le féliciter rapidement avant de lever l’ancre. Les deux navires firent route côte à côte, car ils avaient le même objectif : atteindre le marché flottant. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Jeu 9 Juin à 15:38 | |
| Lorsque l’ensemble de l’équipage reprit ses tâches habituelles, les marins se montrèrent étrangement respectueux envers Eldoth. Ses talents de guérisseur avaient dû les impressionner au plus haut point, et ce n’était pas pour lui déplaire. Boris gardait un œil sur le Soleil Couchant, mais les hommes-serpents ne semblaient plus en difficulté. Les deux navires firent donc route côte à côte, mais les deux équipages ne communiquèrent plus de la journée ; le monde des marins était silencieux. La nuit commençait à tomber. Le Soleil Couchant jeta l’ancre, mais Boris décida que l’Orgonte continuerait un peu plus sa route avant que tout le monde ne parte gentiment au dodo. Certains marins furent autorisés par le capitaine à rejoindre leur hamac dans la cale, mais les plus courageux, dont l’infatigable Eldoth faisait partie, restèrent sur le pont pour manœuvrer la navire. Quand la nuit se fit trop noire, ils jetèrent l’ancre et s’apprêtèrent à rejoindre leur couche. Alors qu’Eldoth ouvrait la trappe pour permettre aux derniers marins éveillés de descendre à la cale, un craquement terrible retentit sur le pont. Alarmés, Boris, Julius, Eldoth et deux autres marins (les seuls qui n’étaient pas encore partis se coucher) accoururent vers l’endroit d’où venait le bruit. Au pied du mât, ils découvrirent avec horreur le corps de la vigie. Sa poitrine était percée de deux flèches. Il était mort. Soudain, une volée de flèche passa juste au-dessus d’eux. Des cris retentirent alors dans l’ombre, des cris aigus et cruels qu’Eldoth connaissait bien.
Des gobelins !
Boris lui aussi avait compris, et il traversa la moitié du bateau pour se précipiter vers la trappe menant à la cale. Il passa la tête dans l’entrebâillement et hurla de son habituelle voix surpuissante, afin de réveiller tous ceux qui dormaient :
« Branle-bas de combaaaaaaaaaaaaaaaat !!! »
Pendant ce temps-là, Eldoth avait sorti son arc, et ses trois compagnons (Julius, un hobbit et un Elfe) sortirent leurs épées.
(Je fais un combat libre ou non ?) (« La sensibilité aux œuvres d’art demande-t-elle à être éduquée ? » ça t’inspire ou pas ? ) _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Jeu 9 Juin à 15:48 | |
| (( Ca m'inspire pas du tout, et toi "L'action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l'histoire"? ))
(( Fais moi un beau combat libre bien realiste, même si c'est des gobelins )) _________________ Donnez moi votre Argent, les coffres sont vides !
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Sam 11 Juin à 14:00 | |
| ((C’était le sujet des ES ça non ?)) ((Bon, je sais que c’est des gobelins, mais je débute… . Au fait, bravo pour ton nouveau statut de bibliothécaire… ))
Les cris persistaient, mais les marins ne pouvaient toujours pas distinguer leurs ennemis dans la pénombre. Eldoth tendit l’oreille, et décocha une flèche en direction de la sources des horribles petits cris sadiques qui commençaient à lui chauffer sévèrement les oreilles. Son effort fut récompensé par un râle d’agonie, qui lui indiqua que son trait avait trouvé le chemin du cœur d’un gobelin. Passablement choqués et énervés par la mort de leur « compagnon », les autres créatures sautèrent sur le pont de l’Orgonte ; les marins s’en rendirent compte en entendant leurs pas résonner sur le parquet. Les gobelins les avaient sans doute suivis sur de petites barques, comme à leur habitude, et avaient attendu la nuit pour passer à l’abordage. Pendant ce temps-là, Boris était occupé à réveiller ses matelots et à leur ordonner de s’équiper pour contre-attaquer ; tout ça est bien joli, mais Eldoth, Julius et les autres étaient seuls pour se défendre. La nuit était maintenant noire, et seules deux torches accrochées sur le pont dispensaient un peu de lumière pour permettre aux marins de se repérer. Soudain, un gobelin entra dans le cercle de lumière. D’un coup précis du revers de son épée, le jeune Julius fit proprement sauter la tête de la créature de son corps. La bataille était engagée. Un volée de flèche vint se ficher de part et d’autre des défenseurs de l’Orgonte. Eldoth ne fut pas touché, mais le hobbit qui l’accompagnait n’eut pas la même chance : il reçut un projectile sur la main, ce qui risquait de l’handicaper pour la suite des événements. Eldoth se précipita vers lui pour tenter de le soigner, mais il fut stoppé dans son élan par l’arrivée impromptue d’un groupe de gobelins dans leur cercle lumineux. Ils étaient armés de cimeterres de mauvaise facture, et criaient, avec leur désagréable petite voix nasillarde. Les nouveaux arrivants ne firent pas long feu : très vite, Julius, qui maniait sa lame avec talent, envoya deux abjectes bestioles au pays de leurs ancêtres. Pendant ce temps-là, Eldoth décocha une flèche et en descendit une autre. Le matelot elfe empala la dernière d’une estocade précise et puissante. Nouvelle volée de flèche. Le hobbit s’écroula dans un râle d’agonie, et un projectile se ficha dans la cuirasse en cuir de l’Elfe. Eldoth décocha plusieurs flèches dans le noir, espérant atteindre des gobelins. Un nouveau groupe se risqua à l’intérieur du halo de lumière que formait la lumière dansante des flammes des torches. Ils étaient plus nombreux que les précédents et Eldoth, pris au dépourvu alors qu’il n’avait pas d’arme de corps à corps, fut touché par l’un d’eux à l’abdomen (-9 PV). Heureusement, Julius vint à sa rescousse et le repoussa, pendant que le vagabond décochait de nouvelles flèches ; l’Elfe se chargea des derniers gobelins, faisant tournoyer son épée avec fureur. La blessure d’Eldoth était peu profonde ; il se sentait tout à fait capable de repousser un nouvel assaut. Soudain, des bruits de pas résonnèrent derrière le groupe de résistants, des pas lourds, plus lourds que ceux des gobelins : le reste de l’équipage arrivait enfin. La lumière se fit plus vive sur le pont, grâce aux torches des nouveaux arrivants, dévoilant ainsi la totalité des troupes gobelines. Celles-ci, peu habituées à combattre à découvert furent prises de panique, et s’enfuirent vers leurs barques. Les matelots chargèrent, Boris à leur tête. Celui-ci brandissait un énorme gourdin et écrasa le crâne de plusieurs gobelins avec une facilité déconcertante. Les horribles créatures subirent une cruelle défaite, et même Eldoth, pourtant peu habitué au combat au corps à corps (il avait plutôt l’habitude de chasser à l’arc dans la nature), envoya un gobelin au pays des ombres d’un coup pied puissant bien placé sur le côté de la tête, brisant la colonne vertébrale dans un craquement sinistre ; c’est ce qu’on appelle l’instinct de survie. Nombreux furent les gobelins qui périrent sous les coups des marins, et les autres furent jetés à l’eau sans autre forme de procès. Après la bataille, les marins amarrèrent les barques gobelines à la poupe de l’Orgonte, et gagnèrent leurs pénates pour un repos bien mérité. Eldoth pansa sa plaie et s’installa dans son hamac pour la nuit. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Dim 12 Juin à 15:29 | |
| 2ème jour de voyage
Eldoth se réveilla 7 heures plus tard, comme le reste de l’équipage. Sa blessure ne le faisait presque plus souffrir, et il en fut satisfait. Comme il fut prêt avant tous les autres (il lui suffit d’enfiler sa tunique pour être prêt…), il arriva le premier sur le pont, où il fut accueilli avec bonne humeur par Boris. Le capitaine s’était en effet fait un devoir d’être opérationnel avant tous ses matelots, pour montrer l’exemple.
« Alors gamin, bien dormi ? » « Parfait capitaine » « On va avoir une moins bonne journée qu’hier.. Regarde ces vilains nuages qui se pointent au-dessus de la forêt » dit-il en pointant le ciel de doigt, en direction de l’ouest.
En effet, de sombres nuages menaçaient de les surprendre. A en juger par la force du vent, ils seraient sur eux dans quelques heures. Les autres marins les rejoignirent sur le pont, et ils aidèrent Eldoth à lever l’ancre. Quelques minutes plus tard, l’Orgonte repris sa route, poussée par le vent. Moins rapide, le Soleil Couchant était maintenant loin derrière eux.
Comme Boris l’avait prévu, l’orage fut sur eux quelques heures après leur départ. Le navire fut pris dans un vent violent et dans la pluie, ce qui rendait les conditions de navigation très défavorable. Dans la tourmente, les marins restèrent courageusement à leur poste et, alors qu’il aidait Julius à accrocher un cordage sur le grand mât, Eldoth entendit la voix de Boris qui s’adressait à lui, essayant de couvrir le bruit du vent et de la pluie en criant encore plus fort qu’à l’accoutumée :
« Va raccrocher le foc gamin ! Qu’on puisse au moins profiter de ce vent pour avancer ! »
Eldoth jeta un coup d’œil vers l’avant du bateau, et vit que le foc s’était décroché sous la force du vent. Un jeune homme essayait vainement de le fixer à nouveau grâce à un nœud savant, mais sans succès. Eldoth se précipita vers lui, et saisit le bout du cordage. Ensuite, le vagabond monta au petit mât par la force des bras afin de le raccrocher pendant que le jeune matelot maintenait la poutre (celle qui est horizontale et qui est accrochée au bas du foc) immobile, en tirant la corde vers lui, dans le sens opposé au vent. Malheureusement, de manière très soudaine, le vent changea de sens. La poutre vira donc de bord, allant tout droit vers le jeune humain, alors qu’Eldoth n’avait pas encore réussi à faire son nœud. Le matelot fut percuté de plein fouet et fut expulsé hors du bateau. Eldoth descendit du mât aussi vite qu’il le put en hurlant, à l’attention de tous les autres marins :
« Un homme à la mer ! Un homme à la mer »
Dans le feu de l’action, il retrouvait ses vieux réflexe de marin, des vrais marins, ceux qui affrontent la mer. Normalement, il n’y a aucun danger à tomber dans un fleuve. Seulement, le jeune homme ne savait pas nager. Il arrivait tout juste à maintenir plus ou moins sa tête hors de l’eau, pendant que le bateau continuait d’avancer, poussé par la force du vent. L’Orgonte filait donc, et s’éloignait progressivement du malheureux. Julius, qui, malgré son jeune âge, paraissait avoir un grande expérience de la navigation, lança une bouée en direction du jeune homme. Celui-ci ne parvint pas à l’attraper, et le navire le dépassa, le laissant à son triste sort.
Eldoth le regarda s’éloigner avec impuissance, profondément choqué de n’avoir put le sauver. C’était la première fois qu’il voyait un homme mourir dans de telles circonstances. Il remonta au petit mât et attacha le foc puis redescendit sur le pont, la mort dans l’âme. Le temps commençait à se calmer. Boris remarqua son désarroi, et vint le voir. Il lui posa une main sur l’épaule.
« Allez gamin… Ressasse pas cette histoire ; t’y peux rien. »
Sans qu’il sache pourquoi, Eldoth ne pouvait s’empêcher de se sentir un peu responsable de la mort du jeune matelot.
« Comment s’appelait-il ? » « J’en sais rien gamin… Je connais pas le nom de tous mes matelots. Je sais juste que c’était un bon gars, mais il avait pas l’expérience. »
Eldoth ne répondit pas. Pour Boris, c’était juste un matelot comme les autres, sans nom, sans personnalité, à peine un être humain. Peut-être n’était-il lui aussi qu’un matelot anonyme aux yeux du capitaine. Celui-ci, qui était un homme bon malgré une apparence bourrue, lui demanda, comme s’il lisait dans ses pensées :
« C’est quoi ton nom gamin ? » « Eldoth, capitaine. » « Allez Eldoth, retourne à ton poste, si on continue à avancer à cette allure, on sera au marché flottant demain matin. »
Le Soleil reprit ses droits dans le ciel, et effaça les traces de la tempête qui les avait secoués quelques minutes plus tôt, comme si rien ne s’était passé, comme si le jeune marin ne les avait pas quittés. Eldoth retourna avec les autres marins pour se changer les idées. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
|  | | Eldoth Décontracté

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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 13 Juin à 12:38 | |
| La nuit tomba lentement sur le Strige. Le temps s'était calmé, et la tempête de l'après-midi n'était plus qu'un souvenir pour l'équipage. Seul Eldoth pensait encore au jeune marin qui avait trouvé la mort quelques heures plus tôt. Même le combat contre les gobelins, qui avait lui aussi apporté son lot de violence sur l'Orgonte, le hantait moins que cet épisode. Tout le monde alla se coucher afin d'être en forme le lendemain.
Couché dans son hamac, Eldoth ne trouvait pas le sommeil. Le visage du jeune homme, tordu par l'effort alors qu'il tentait de sauver sa vie en se débattant au milieu des flots, ne cessait de le hanter à chaque qu'il fermait les yeux. Plutôt que de rester dans son hamac à ressasser ces pensées macabres, Eldoth monta sur le pont pour profiter de l'air frais de la nuit. Il resta une heure à méditer sur sa nouvelle condition de matelot. Il se dit que ça ne lui déplairait pas de rester marin toute sa vie ; les relations avec les autres hommes, auxquelles il n'était pas habitué, n'étaient pas si mauvaises finalement. Après une heure de réflexion sur lui-même, le vagabond ne pensait plus au jeune noyé. Epuisé, il retourna à son hamac et s'endormit aussitôt. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
|  | | Eldoth Décontracté

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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 13 Juin à 13:18 | |
| 3ème jour de voyage
Eldoth se réveilla à l'aube en même temps que le reste de l'équipage. Il était fatigué à cause de son insomnie de la veille, mais le souvenir du jeune noyé paraissait un peu plus lointain. Il monta sur le pont. Comme d'habitude, Boris était déjà prêt, et tenait la barre dans ses mains.
- Salut mes gars ! En forme aujourd'hui ?
Les matelots répondirent tous en coeur qu'ils allaient parfaitement bien, même ceux qui n'allaient pas bien du tout ; il ne fallait pas embêter le capitaine avec ses problèmes personnels. La météo semblait clémente ce matin-là ; un petit vent frais balaya les cheveux d'Eldoth quand il prit place à la proue du navire. Les marins levèrent l'ancre, et l'Orgonte se mit en mouvement.
- Si tout se passe bien, on sera au marché vers midi, hurla Boris afin que tout son équipage puisse l'entendre.
Cette perspective réjouit Eldoth, qui avait hâte de découvrir ce fameux marché flottant. Bien placé sur la proue, il aperçut un oiseau, un rapace, qui vint se poser non loin de lui. Habitué à jouer avec ce que la nature lui apportait, Eldoth tenta de s'approcher de lui afin de l'apprivoiser. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
|  | | Don (GM) Comptable du Roi

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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 13 Juin à 14:45 | |
| Jet : 71 ( Dommage.. ) _________________ Donnez moi votre Argent, les coffres sont vides !
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|  | | Eldoth Décontracté

Inscrit le : 15 Mai 2005 Messages : 42 Localisation : En exploration sur le fleuve
| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Lun 13 Juin à 15:05 | |
| Le rapace ne se laissa pas faire, et il s'envola. Eldoth n'insista pas : si la nature lui avait refusé le plaisir d'apprivoiser cet oiseau, c'est qu'elle avait ses raisons. Plusieurs heures passèrent, et la météo était clémente ; le vent faisait gonfler les voiles de l'Orgonte, lui permettant ainsi d'avancer à une vitesse raisonnable. Eldoth savourait ces moments, car c'était un nouveau sentiment pour lui que de se sentir à sa place au sein d'un équipage. Ses connaissances de la navigation égalaient celles de la plupart des autres marins (si on met à part Boris et Julius bien sûr !). Alors que Yla était au zénith, on entendit la voix de la vigie retentir depuis le sommet du grand mât :
- Marché flottant en vue ! Marché flottant en vue !
En effet, Eldoth plissa les yeux en direction de l'aval, et il vit se détacher peu à peu la forme du fameux marché au milieu des flots. Les marins poussèrent une exclamation de joie, et même Boris, pourtant peu enclin à exprimer ses sentiments, ne put s'empêcher d'afficher un large sourire derrière sa barre. Une heure plus tard, ils amarrèrent l'Orgonte au quais aux abords du marché. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
|  | | Eldoth Décontracté

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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Ven 17 Juin à 21:43 | |
| - Allez les gars, on débarque tout ça ! rugit Boris, droit et fier à la proue de son navire, en train d’admirer le marché depuis la position légèrement surélevée que lui offrait la taille imposante de l’Orgonte.
Eldoth poussa un soupir de lassitude, le premier depuis leur départ de Falryn ; porter des caisses était de loin ce qu’il avait le moins aimé de ces trois derniers jours. Il fut réconforté en constatant que tous les autres membres de l’équipage appréciaient à peu près autant que lui cette activité. Ils descendirent à la cale pour accomplir leur tâche. Après une heure et demi de dur labeur, au cours desquelles Eldoth manqua à maintes reprises de se démettre le dos, d’efforts et de sueur, toutes les caisses furent posées sur le quais. Les plus jeunes marins commencèrent à souffler un peu, alors que les plus anciens savaient que ce n’était pas fini.
- Et maintenant, on emporte tout ça dans l’entrepôt ! beugla le capitaine, avec un curieux petit rictus sadique sur les lèvres.
Ainsi, les marins repartirent pour une heure de boulot en plus, après quoi ils mangèrent un morceau sur l’Orgonte. Boris, qui était de fort bonne humeur, décida que ses gars auraient le droit de faire un tour sur le marché avant de charger une autre cargaison et de repartir pour Falryn.
Eldoth n’avait jamais vu de marché aussi grand. Ici, on vendait de tout, à tous les prix et à n’importe qui ; c’était un vaste bazar où il fallait fouiller pour trouver, ou alors flâner et regarder. C’est ce qu’il fit, car la foule qui avait envahi le marché après l’heure de déjeuner l’effrayait un peu. Au cours de sa promenade, il croisa des individus de toutes les races, et vit des produits de toutes origines. Il vit même des animaux et des plantes qui lui étaient inconnues, lui qui pensait tout savoir sur la nature, celle qui avait bercé son enfance et qui lui avait offert de quoi vivre depuis sa naissance. En effet, il connaissait toutes les espèces des alentours de Falryn, mais il n’avait jamais pénétré dans les terres lointaines aux climats hétéroclites, tantôt humides et tantôt désertiques, celles qui regorgeaient d’animaux difformes et de plantes bizarres. Soudain, sortant l’humain de son admiration béate devant toutes les nouveautés qui s’offraient à son regard, un vendeur l’interpella en vue de lui refiler une plante rougeâtre aux pseudo vertus curatives. Eldoth s’en saisit pour l’examiner, et l’odeur de mort qui s’en échappait le dissuada d’en acquérir une botte. Après cet épisode, il se dit qu’il lui faudrait se méfier des gens peu honnêtes qui peuplent parfois les marchés.
Quand il jugea qu’il en avait assez vu, le vagabond repris la direction des quais afin de regagner l’Orgonte. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Sam 18 Juin à 13:51 | |
| Quand il monta sur le navire, Eldoth vit qu’il y avait quelque chose d’anormal. En effet, l’Orgonte était vide, mis à part que Boris était assis à sa place habituelle, à la proue du navire, l’endroit surélevé qui lui permet de dominer tout le monde. Il paraissait abattu. Quand il vit le vagabond arriver, il dit dans un soupir :
- Ah ! Te voilà gamin… - Que se passe-t-il capitaine ? Où est passé le reste de l’équipage ? - C’est bien simple gam… Eldoth, j’ai donné à tout le monde quelques heures de repos, et tout le monde abuse de ma bonté ! A l’heure qu’il est, je te parie que tous mes gars sont à la taverne, et on ne repartira pas avant demain…
En effet, Eldoth réalisa qu’il n’avait pas croisé un seul « collègue » au cours de sa promenade au marché, ils devaient effectivement être à la taverne depuis un bon moment. On était maintenant en fin d’après-midi, et s’ils ne partaient pas sur l’heure, ils seraient obligés de passer une nuit sur place.
- Ne vous inquiétez pas capitaine, je vais voir si je les trouve, et je leur dirai de revenir… - C’est gentil Eldoth, essaie d’aller à la « Taverne du Mouton qui tousse », c’est celle qui est à l’extrémité du port et qui offre tout un tas de « divertissements » comme les aiment mes gars. Quant à moi, je vais rester ici pour garder le navire.
L’humain descendit donc sur le quai, et partit en direction de la fameuse taverne au nom ridicule. Eldoth n’entrait jamais dans ce genre d’endroit, car il ne connaissait personne à Falryn et qu’il n’avait pas trop le goût de la fête. Il trouva rapidement l’établissement concerné dont l’enseigne, généreusement illustrée de peintures évoquant les fameux plaisirs que recherchent les marins qui viennent sur le port, ne passait pas vraiment inaperçue. Il franchit la porte d’entrée, non sans avoir au préalable pris une grande inspiration, juste pour se donner un peu de courage pour surmonter l’appréhension qu’il éprouvait à l’idée de pénétrer dans ce lieu de débauche. L’ambiance à l’intérieur de la taverne, aussi bien esthétiquement d’un point de vue sonore, était digne de l’extérieur ; le ramage se rapportait au plumage. En effet, il s’y mêlait beuveries, bagarres et lubricité, et l’équipage de l’Orgonte au grand complet faisait partie de la fête. Eldoth se dirigea vers le bar, et attrapa Julius (le seul qui pourrait avoir un peu d’autorité sur le groupe) par le bras.
- Julius, il faut retourner à l’Orgonte, Boris nous y attend pour repartir ! cria-t-il afin de couvrir le bruit des festivités (principalement des chansons d’ivrognes et des bruits de bagarres).
Julius lui jeta le regard vide de celui qui a l’esprit embrumé par l’alcool.
- Eldoth ! Mon ami ! Prend donc un verre avec moi ! Boris attendra !
Il lui tendit la choppe qu’il s’apprêtait à boire, et héla le tavernier pour qu’il lui en apporte une nouvelle. Il se retourna ensuite vers Eldoth, qui considérait le breuvage avec méfiance, vu qu’il n’avait pas l’habitude de boire d’alcool.
- On prend quelques verres, et ensuite on retourne au bateau, ordonna le jeune second de Boris, qui n’était pas vraiment dans son état normal.
Celui-ci paraissait buté, et Eldoth se dit que ça n’était pas la peine d’essayer de le faire changer d’avis. Peu habitué à ce genre de boisson, et vu que c’était pour la bonne cause, il vida sa choppe d’un trait. Julius ouvrit des yeux ronds en voyant le vagabond engloutir cul sec une pinte de breuvage hyper alcoolisé et, après quelques secondes à regarder dans le vide, la vue d’Eldoth se brouilla. Il ne réalisa pas ce qui se passa ensuite, et ne garda aucun souvenir de cette soirée. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Jeu 23 Juin à 15:50 | |
| 4ème jour de voyage
Eldoth ouvrit les yeux à l’aube. Autours de lui, les autres marins étaient en train de se préparer à commencer une nouvelle journée de dur labeur. Sa tête lui faisait un mal de chien, et ses oreilles bourdonnaient sans cesse. Ce bourdonnement résonnait dans son crâne, ce qui était assez désagréable et nouveau pour lui. Il réalisa alors qu’il venait de prendre une cuite majestueuse, la première de sa vie ; à 35 ans, c’est pas tôt, mais il ne s’était encore jamais retrouvé au milieu d’une bande de marins alcooliques. Il était dans la cale de l’Orgonte. En se penchant (péniblement) en dessous de son hamac, il vit une bassine en fer, remplie des restes régurgités du repas de la veille. L’humain s’allongea à nouveau dans sa couche et resta plusieurs minutes à fixer le plafond, s’efforçant de recouvrer ses esprits, pendant que les autres membres de l’équipage désertaient peu à peu la cale pour gagner le pont. Au bout d’un moment, il réussit à se lever. Le bourdonnement était insupportable. Il se hissa tant bien que mal sur le pont, et vit que ses collègues étaient en train de charger de nouvelles caisses sur l’Orgonte, sous la direction de Boris. Julius sourit en le voyant.
- Alors, bien remis de ta soirée ?
Eldoth marmonna des paroles inintelligibles et se mit à porter une caisse. Il n’avait pas envie de parler, et encore moins de ce qui s’était passé la veille. Boris le vit, mais ne fit aucun commentaire. Une heure plus tard, le chargement était terminé, et Boris déclara d’une voix forte qu’ils pouvaient lever l’ancre et hisser les voiles. Eldoth se chargea, avec l’aide de certains autres marins, de cette dernière tâche. Il monta donc à l’échelle en corde rattachée à la grande voile, et tira sur la poulie afin de la tendre. Yla tapait fort, et sa tête lui faisait souffrir le martyr. Il tira la corde de toute ses forces, et regarda en bas. Il fut soudain pris de vertige ; le monde autours de lui se mit à tourner. Il lâcha l’échelle et bascula dans le vide. Au loin, il entendit une voix connue, celle d’un marin qui criait, mais il ne comprit pas ce qu’il disait. Il perdit conscience pendant sa chute.
**********************************************
Il était allongé sur le dos et sentait le contact rugueux du bois sous lui. Ses yeux étaient fermés, et il n’avait pas l’intention, ni la force, de les ouvrir. Il entendait des voix, mais ne comprenait pas ce qu’elles disaient. Il n’essayait même pas, il voulait rester allongé, dormir un peu. Des mouvements, du bruit tout autours de lui, des gens s’activaient et la lumière aveuglante d’Yla perçait ses paupières closes. Il ne sait pas combien de temps il resta là, couché au milieu de ses camarades, sans rien faire. A un moment, il sentit qu’on le touchait, puis son corps perdit le contact du bois ; on le soulevait, et on l’emmenait à un autre endroit. Soudain, il sentit que la lumière était moins forte : on avait dû l’emmener à l’ombre. Enfin, il put ouvrir les yeux. Ils étaient tous là, ou à peu près. L’équipage de l’Orgonte s’était entassé dans l’infirmerie, auprès de son lit. Ils parlaient.
- ça y est, il revient à lui ! - Il se réveille ! - Enfin !
Quelqu’un se pencha au-dessus de lui : c’était Boris, il s’adressa à lui, et les autres voix cessèrent.
- Et ben, tu nous a foutu une sacrée trouille !
Eldoth avait envie de sourire, mais il n’y parvint pas. Alors qu’il tentait d’ouvrir la bouche pour répondre, le bourdonnement revint dans son crâne, et il ne put que gratifier ses camarades d’une grimace de douleur. Boris parla à nouveau :
- Dors, gamin, repose-toi bien.
Les marins sortirent de l’infirmerie, et Eldoth resta seul. Quelques secondes plus tard, il s’abandonna de nouveau au sommeil. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Jeu 23 Juin à 19:55 | |
| Eldoth ouvrit les yeux. Toujours ce maudit mal de tête… Toutefois, le bourdonnement qui lui donnait auparavant l’impression que sa boîte crânienne allait exploser s’était un peu calmer (un peu seulement…). La lumière passait par la porte de l’infirmerie et brûlait les yeux du vagabond : il n’était pas encore remis de sa soirée de la veille. Il se leva, chancelant, et parvint jusqu’à la porte. Il jeta un coup d’œil vers le pont et vit qu’il devait être aux alentours de midi. Il ferma la porte et retourna sur sa civière. Il s’endormit aussitôt comme un gros sac.
******************************************
Une heure et demi plus tard, il se réveilla à nouveau. Il faisait noir dans la pièce. Dehors, il pouvait entendre les voix enthousiastes des autres membres de l’équipage. Immobile sur sa couche, il s’en voulut de ne pas pouvoir participer à toute cette animation. Il fit un effort pour se lever, et se dirigea à tâtons vers la porte qui menait sur le pont. En l’ouvrant, il fut aveuglé par la lumière d’Yla, et celle-ci raviva en lui l’affreux bourdonnement qui paraissait pourtant avoir cessé. Il mit une main devant ses yeux pour se protéger de ce mal, mais son mal de crâne redoubla et il s’écroula sur le seuil de la porte, inconscient.
******************************************
Nouveau réveil. Cette fois-ci, le bourdonnement avait bel et bien cessé ; Eldoth se sentait juste faible. Il ouvrit les yeux, et vit qu’il était encore allongé sur la couche de l’infirmerie. Il fit un effort pour se remémorer ce qui lui était arrivé, et comprit que ses camarades l’avaient, une fois de plus, transporté jusqu’au lit alors qu’il était inconscient. Il prit quelques minutes pour reprendre ses esprits. Il paraissait dans un état à peu près normal, et avait retrouvé toutes ses capacités mentales. Seul son corps était terriblement faible. Il sa redressa, et posa ses deux pieds au sol : il avait aussi retrouvé l’équilibre, et se sentait d’attaque pour marcher. Dans la pénombre, il s’avança vers la porte qui menait sur le pont. Au moment où il s’apprêtait à l’ouvrir, un bruit provenant de l’escalier attira son attention : il y avait quelqu’un dans la cale. Eldoth décida d’aller voir qui c’était : il était plus facile pour lui d’aller à la cale que de sortir sur le pont car, bien qu’il soit à peu près remis de sa cuite, il redoutait encore de soumettre ses yeux à la lueur violente d’Yla. Il se dirigea donc vers l’escalier d’où provenait la lumière dansante caractéristique d’une torche. Au moment où il posa un pied sur la première marche, il entendit une voix qui chuchotait. Il sourit ; ses compagnons ne voulaient pas troubler son sommeil réparateur si fragile et n’osaient même pas parler à voix haute. Il descendit l’escalier avec fracas, pour signifier aux autres marins qu’il était réveillé (de plus, cela lui permit de noter que son crâne meurtris supportait les sons violents). Quand il arriva en bas des marches, quelle ne fut pas sa surprise de constater que, bien que deux torches soient accrochées aux murs de la cale, celle-ci était vide ; pas trace de qui que ce soit à l’horizon.
(Bizarre… J’avais pourtant cru entendre des voix…)
Il s’approcha des torches et constata que le sol était parsemé de ce qui paraissait être les restes d’un dîner improvisé : il remarqua plusieurs torchons, un couteau, et une étrange odeur de saucisson flottait dans l’air. Au moins une dizaine de personnes avaient dû se tenir là quelques instants plus tôt, et avaient sans doute été surpris par Eldoth. Soudain, celui-ci comprit, et murmura pour lui-même :
- Des clandestins…
Il réalisa alors qu’ils devaient forcément être là, tout près de lui, tapis dans l’ombre. Ils l’observaient sans doute. Il tourna les talons aussi vite que le lui permettaient ses jambes affaiblies, et se retrouva nez à nez avec un gamin qui n’avait sans doute pas plus de dix-huit ans. En le voyant, il fut surpris et recula d’un pas, ce qui lui permit de voir que le gamin tenait fermement un couteau à viande dans sa main droite, et que ses intentions n’étaient pas des plus pacifiques. Sans réfléchir, alors que le jeune humain esquissait un début de coup destiné à atterrir sur son visage, Eldoth lança son poing en avant. Le petit s’effondra dans un bruit sourd, et des bruit de pas résonnèrent derrière le vagabond. Sans même regarder ce qui se tramait dans son dos, il s’élança aussi vite qu’il put en direction de l’escalier menant au pont.
Il gravit les marches quatre à quatre et réalisa que, bizarrement, personne ne le suivait. Il poussa la porte et arriva sur le pont. Dehors, il faisait encore jour, et les marins étaient en train d’accomplir leurs tâches habituelles. En arrivant, Eldoth fut accueilli avec chaleur, mais, quand il déclara que des clandestins squattaient la cale et mangeaient leurs provisions, l’ambiance changea. Boris demanda à tout l’équipage de s’équiper, et ce fut donc une véritable armée qui descendit à la cale pour dépêcher les clandestins. Ceux-ci étaient rassemblés au beau milieu de la cale, à la lumière des torches, car ils avaient bien compris que rien ne servait de lutter contre des marins vigoureux et armés alors qu’ils ne possédaient eux-même que de simples couteaux de cuisine pour se défendre. L’initiative du jeune homme qui avait voulu occire Eldoth n’était qu’un accident dû à la fougue de la jeunesse. Parmi les clandestins, un homme sortit du lot et s’adressa à Boris, qui était en tête de ses « troupes » comme tout bon capitaine :
- Je vous en prie, ne nous faites pas de mal, nous ne sommes pas armés, et il y a parmi nous des femmes et des enfants.
Boris prit une voix dure et un air sévère pour répondre :
- Allez, montez sur le pont !
Ils obéirent, ils n’avaient pas le choix de toute manière. Une fois sur le pont, Boris s’assit sur le rebord du bateau, et se mit à réfléchir à la sauce à laquelle il allait les manger. Pendant ce temps-là, Eldoth observa les clandestins. Ils étaient en tout une quinzaine, tous des humains, et il y avait parmi eux de très jeunes enfants – pas plus de trois ou quatre ans – et un vieillard qui devait atteindre les 75 ans. Leurs vêtements et leur maigreur trahissaient leur pauvreté. Il aurait été cruel de les livrer à eux-même en les faisant débarquer sur la berge. Le vagabond se risqua à aller auprès de Boris, qui ne parvenait visiblement pas à se décider. Il lui susurra à l’oreille :
- Nous pouvons les garder à bord et les emmener à Falryn capitaine, ce ne sont que de pauvres gens qui n’ont pas suffisamment d’argent pour se payer une traversée…
A ce moment-là, un hobbit qui faisait partie de l’équipage arriva de la cale, et déclara aux marins :
- Ils nous ont mangé des provisions pour un jour !
L’expression sur le visage de Boris changea brusquement, il avait l’air atterré. Après un instant de réflexion, il s’adressa aux clandestins :
- Comprenez que nous ne pouvons vous garder à bord : nous risquons déjà de ne pas avoir suffisamment de vivres pour nous nourrir jusqu’à Falryn. Deux lieues plus en amont, sur la rive droite, se trouve un petit hameau que je connais assez bien ; vous y débarquerez. Je ne vous demanderai aucune réparation pour ce que vous nous avez pris, mais sachez que vous allez nous obliger à prendre une demi-journée pour pêcher et chasser de quoi tenir jusqu’à Falryn.
Sur-ce, Boris donna l’ordre que tout le monde reprenne son poste. Les clandestins avaient écouté ses paroles sans un mot, résignés face à la dureté du destin. Eldoth savait que Boris avait raison, et qu’il était déjà généreux de ne pas faire appel aux autorités, mais le vagabond ne pouvait s’empêcher de les plaindre. Tout le monde reprit son poste, même Eldoth qui comptait bien aider ses camarades malgré sa faiblesse. Ils remontèrent le fleuve en direction du hameau indiqué par Boris. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Sam 2 Juil à 22:03 | |
| Quelques temps plus tard, pendant lesquels les clandestins étaient restés au milieu du pont, sans prononcer un mot, l’Orgonte amarra sur le ponton du petit port fluvial, comme Boris l’avait prévu. Entre-temps, la nuit était tombée sur le Strige. Sur ordre de Julius, qui était le second du capitaine, ils firent débarquer les clandestins, et Eldoth trouva cruel de les lâcher en pleine nature, dans le noir, alors qu’il ne connaissaient rien à cet endroit. Il ne se gêna d’ailleurs pas pour le lui dire, et le jeune homme fit preuve de patience pour lui expliquer son point de vue :
- Tu vois Eldoth, je suis de ton avis ; c’est cruel de les livrer à eux-mêmes comme je suis en train de le faire. Si je suis cruel, c’est pas par gaieté de cœur, mais parce que c’est nécessaire : si je me montre trop généreux avec eux, et tu sais que je l’ai déjà été car je n’ai pas fait intervenir la police alors que mon statut l’aurait l’exigeait, j’encourage les voyages clandestins. Ça me déchire le cœur d’envoyer des familles entières dans un endroit qu’elles ne connaissent pas et où elles n’ont aucune attache, mais si on se montre trop gentils avec elles, ça se saura et d’autres tenteront leur chance, et ça, je ne peut l’encourager. - Je ne vois pas quel problème ça pose… répondit le vagabond. - C’est parce que tu ne connais pas assez bien le milieu : si d’autres tentent leur chance, ils ne tomberont pas sur un capitaine aussi compréhensif que Boris, crois-moi…
Son visage s’assombrit lorsqu’il conclut :
-… certains n’en sont pas revenus vivants.
Les paroles de Julius résonnèrent dans la tête d’Eldoth comme une explosion. Le jeune marin avait réveillé en lui, comme la maîtresse de maison racle le fond de la marmite pour faire revenir la viande à la surface du bouillon, de vieilles craintes qu’il pensait avoir surmontées. Ces mots sonnaient comme l’avertissement que lui avaient donné, des années plus tôt ses parents, un peu avant que la vieillesse ne les emporte :
« Méfie-toi des sociétés humaines mon fils ; elles sont porteuses de danger et de vices, de crimes et de violence. Reste à l’écart, ne te mêle pas à elles, elles t’emporteraient loin de ce qui est bon pour tout être humain : la solitude, l’amour de la nature, la quiétude de la forêt. Si le destin t’amène en ville, ne t’y attarde pas, car on y rencontre des tueurs, des crapules et des escrocs en tous genres. Vis dans la nature, prend ce qu’elle veut bien t’offrir, et si un jour elle ne t’apporte rien, respecte-la et dis-toi que c’est pour te donner plus le jour suivant. Ne cherche pas le profit, car l’argent appelle toujours l’argent ; c’est un cercle vicieux qui détourne les hommes de leur vraie nature. »
Eldoth ne répondit rien. C’était à cause de faits comme celui que Julius venait de lui conter que ses parents avaient fui la ville, juste après sa naissance. Les hommes pouvaient tuer sans raison ; et des marins pouvaient exécuter de pauvres clandestins innocents sans être inquiétés. Il pensait avoir surmonté ces avertissements, ces craintes qui remontaient à son enfance. Il lui arrivait en effet de passer un peu de temps à Falryn, au marché ou au port, et cela ne lui paraissait pas dangereux ni désagréable. Peut-être ses parents s’étaient-ils trompés, peut-être était-ce ça la vraie vie, celle dont les hommes ont besoin. Il réalisa alors qu’il n’avait jamais été aussi heureux que depuis qu’il avait été enrôlé dans l’équipage de l’Orgonte, depuis qu’il jouait un rôle, même minime, dans la société, et qu’il établissait des contacts avec d’autres personnes. Il décida de vivre cette vie-là, celle qu’il avait trouvée en s’embarquant sur le fleuve, et non celle que lui avait léguée ses parents, la vie recluse au fin fond de la forêt, à éviter les hommes et les dangers qu’ils portent. Il décida de vivre avec ses semblables et d’affronter ces dangers, quoiqu’il lui en coûte.
Julius vit qu’il avait compris et s’éloigna pour accompagner les réfugiés sur le port. Après quelques instants de réflexion, Eldoth le suivit. Il vit des familles résignées, des enfants qui pleuraient, et il ne pouvait s’empêcher de se sentir responsable. Parmi la foule, son regard croisa celui du jeune homme qui avait tenté de l’embrocher avec un couteau à viande dans la cale de l’Orgonte. Il détourna la tête aussitôt, mais le vagabond eut le temps de voir ses yeux : ils reflétaient la honte et le regret, et Eldoth comprit que ce gamin avait agi par peur, cette peur inhérente à sa condition de réfugié, qui ne l’abandonnait pas et l’empêchait de dormir. Comprenant cela, le marin se dit en lui-même qu’il le pardonnait.
Les clandestins descendirent de l’Orgonte, et l’équipage goûta à un repos bien mérité, amarré au port de la bourgade. Pour Eldoth, la gueule de bois du matin n’était plus qu’un lointain souvenir, mais un nouveau fantôme le hanta dans ses tentatives désespérées de s’endormir : la vision des familles d’humains miséreux à qui ils avaient refusé l’hospitalité, plus particulièrement le visage du jeune garçon qui avait tenté de le tuer, et ses yeux pleins de larmes et de peurs. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Sam 2 Juil à 22:15 | |
| Pendant la nuit, comme souvent lorsqu’il est soucieux, Eldoth rêva abondamment. Il revit les clandestins descendre de l’Orgonte, mais cette fois-là, Julius les poussait à coups de fouet en criant et en riant de manière sadique. Le regard du vagabond croisait alors celui du jeune homme qui avait attenté à sa vie, et il y voyait de la peur, de la tristesse et des larmes ; le garçon pleurait, pleurait, et ses larmes finirent par former un torrent qui l’emporta. Alors qu’il se noyait, le jeune homme se transforma, sous l’œil horrifié d’Eldoth, pour devenir le marin qui avait trouvé la mort deux jours plus tôt. Il se noyait une seconde fois, et l’archer le regardait faire, impuissant, pendant que la voix de son père résonnait dans sa tête :
« Nous t’avions prévenu ! Nous t’avions prévenu, mon fils ! »
Soudain il se réveilla, en sueur, et il faisait déjà jour sur le Strige. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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| Sujet: Re: Eldoth : En route vers le Marché Flottant Sam 9 Juil à 19:28 | |
| 5ème jour de voyage
Eldoth s’habilla rapidement quand il constata que la cale était vide. Il tendit l’oreille et ne perçut aucun son provenant de dehors. Flairant le traquenart, il saisit son arc et sortit sur le pont, sur la pointe des pieds ; celui-ci était désert, et le petit village semblait dormir.
(De plus en plus bizarre…)
Eldoth descendit du bateau après s’être assuré qu’il était vide, et constata que le sol à proximité du ponton était couvert de traces de pas, sans doute ceux de ses compagnons, qui s’éloignaient en direction de la forêt. Il se baissa pour constater qu’elles étaient très fraîches : il n’avait pas dû les rater de plus d’une demi-heure. Il se lança à leur suite, son arc à la main. Les traces le menèrent au cœur de la forêt, et il fut soudain alerté par des cris. Il serra son arc, tous sens aux aguets, mais il réalisa que ce n’étaient pas des cris de bagarre comme il le craignait, mais des cris d’amusement. Il s’élança donc en direction de la source des cris, et déboucha sur une clairière où étaient amassés tous les marins. Au dessus d’eux, des centaines d’oiseux virevoltaient, et certains marins essayaient de les toucher en décochant des flèches, mais le succès ne semblait pas au rendez-vous : l’équipage de l’Orgonte était composé de piètres archers. En fait, ils étaient tellement contents d’avoir trouver ces oiseaux peu farouches qu’ils en perdaient leurs talents, alors que le but était bien sûr d’en tuer suffisamment pour subsister (vu que les clandestin de la veille leur avait à moitié vidé leurs provisions). Soudain, un trait jaillit des fourrés et vint de ficher dans le cou d’un des oiseaux. Celui-ci tomba au milieu du cercle de marins, mais ils n’y firent même pas attention : tous les regards étaient tournés vers le buisson d’où provenait le projectile. Eldoth en sortit, fier d’avoir accouché d’un si beau tir, le sourire aux lèvres. Son arrivée fut saluée par une acclamation générale, qui fit définitivement fuir le vol d’oiseaux.
- Je vois que sans moi, vous pourriez mourir de faim sans trouver un seul oiseau à vous mettre sous la dent…
En effet, à part la prise d’Eldoth, le butin de la chasse était nul. Boris décida d’organiser une chasse avec les quelques marins qui possédaient un arc, car il fallait bien nourrir son équipage. Ce matin-là, sept marins partirent donc à la chasse. Parmi eux, Eldoth bien sûr, car il s’était montré très habile l’arc à la main, Boris, qui n’avait aucun talent particulier pour la chasse mais qui se refusait à laisser ses « gars » partir tous seuls dans la n ature, et Julius, qui avait été entraîné au maniement des armes dans sa jeunesse, à l’époque où aspirait à devenir garde à Falryn. Les autres étaient les marins qui possédaient un arc et le talent suffisant pour le manier. Eldoth était rompu aux arts de la chasse, pour s’être nourri seul dans la nature depuis son adolescence. Son talent fut très utile pour débusquer puis abattre le gibier. La fine équipe rapporta donc un daim de belle taille, ainsi qu’unt sanglier et deux faisans. Cela paraissait suffisant pour combler le trou que les clandestins avaient creusé dans la réserve de nourriture, aussi, à leur retour, ils furent accueillis avec reconnaissance par le reste de l’équipage, et Eldoth ressentit une pointe de fierté en se sentant ainsi l’objet de tant de sympathie. Après un bon déjeuner, l’équipage rembarqua sur l’Orgonte. _________________ Eldoth / Humain / Vagabond |
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